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Je m’appelle Arlette Bodequin et j’ai une tumeur neuroendocrine.

Comme pour beaucoup d’autres patients, j’ai vécu une longue et douloureuse histoire.

En 2006, suite à d’énormes douleurs abdominales, on avait constaté que j’avais des ulcères à l’estomac. Je prenais différents médicaments, sans avoir de bons résultats. Les ulcères mais aussi les douleurs persistaient.

Ma vie était devenu un véritable calvaire. Les douleurs commençaient tôt le matin, avec des diarrhées, des douleurs gastriques et une indescriptible fatigue. En ce temps-là, mon mari et moi avions une société, ce qui exigeait de moi une vie très active: les contacts avec les clients, la comptabilité, etc. Ceci était devenu pratiquement impossible à gérer pour moi.

Je me sentais perdre toutes mes forces de jour en jour. Nous avons été pratiquement obligés d’arrêter notre société, qui était pourtant l’oeuvre de toute notre vie.

Pendant trois années consécutives, j’ai passé sans cesse des examens médicaux: plusieurs scanners, des analyses de sang, coloscopies, endoscopies, échographies, etc.

Chaque fois on m’annonçait que je n’avais rien de spécial: pas de maladie de Crohn, pas de colites, pas de maladies agressives et surtout pas le cancer. Conclusions: c’était le syndrome de l’intestin irritable.

Mes douleurs, elles, continuaient. Je répétais souvent à mon mari que c’était impossible et que je souffrais certainement d’autre chose.

Le professeur qui me suivait m’a prescrit de nombreux médicaments mais toujours sans résultat. On m’a conseillé de prendre des vacances. Le repos, le dépaysement, l’amitié de nos nombreux amis, rien ne m’aidait. Dès mon retour, je me suis sentie encore beaucoup plus affaiblie et avais perdu 10 kilos. Je suis retournée chez le professeur, en lui annonçant ma perte de poids. Elle m’a dit que ce n’était pas grave, que c’était peut-être une raison psychique.

A ce moment-là, mon médecin généraliste m’a conseillé de me rendre au Gasthuisberg à Leuven. Après avoir été hospitalisée pendant 3 jours, le résultat ne s’est plus fait attendre, c’était le 22 octobre 2009… Le diagnostic était une tumeur neuroendocrine sur le pancréas, avec des métastases sur le foie.

Notre monde s’est écroulé mais en même temps je me sentais comprise et entre de bonne mains. Malheureusement une opération était impossible vu l’état avancé de la maladie. Un diagnostic précoce m’aurait bien aidé, en termes de qualité de vie. Je n’aurais pas dû souffrir comme je l’ai fait pendant 3 ans, et entretemps, j’aurais déjà pu recevoir un traitement adapté.

Je suis profondément reconnaissante au professeur Eric Van Cutsem et à son équipe médicale d’avoir trouvé si rapidement le mal dont je souffre.

Malgré tout, j’essaie de profiter des bonheurs simple de la vie. Me sachant très entourée par ma petite famille, mais aussi par les amis-patients que je connais par le biais de l’association NET & MEN, créée récemment par ma fille. J’essaie d’oublier les jours moins favorables sachant que je ne suis plus seule dans ce combat.